Saint Dick, saint patron des non-patrons
Si vous me connaissez un peu, vous savez que je n'aime guère parler politique. Simplement parce que les hommes politiques sont de bien plus mauvaise foi que moi, donc j'aime pas ca. Alors, désolé par avance pour les concernés, si ca tombe sur vous c'est fort dommage.
En ce beau jour de Septembre, j'ai eu l'honneur de recevoir un sms de la part de la SNCF, me prévenant d'un mouvement social dans les jours à venir. Rien de bien anormal, c'est la rentrée, les syndicats se doivent de montrer aux vacanciers de retour qu'ils sont toujours là, on fait sa pub comme on peut après tout.
Sur ce, je m'empresse donc de tweeter ma trouvaille du moment : pendant les mouvements sociaux de la SNCF, les trains restent eux immobiles. Bide. Soit.
Mais en y regardant à deux fois, on est en droit de s'interroger sur ce terme de "mouvement social". Réflexion sémantique.
Mouvement : Déplacement (d'un corps) par rapport à un point fixe de l'espace.
Social : Relatif à la vie des hommes en société.
Nous serions donc théoriquement en présence d'une action dont le résultat fait évoluer la vie des hommes par rapport à son point actuel dans la société. J'ai beau essayer, mais quand je constate ce qui se passe en réalité, je ne peux que voir des groupes d'individus tenter de leur mieux de n'absolument *rien* changer à leur "petits privilèges". On est bien loin de l'idée de départ, vous vous souvenez ? la prise de la Bastille, tout ca tout ca.
Pour rester sur le cas SNCF - que je porte profondément dans mon coeur vous le savez, citons par exemple la plus que fameuse prime de charbon des cheminots. Réalité honteuse ou hoax plus vrai que nature, celle-ci serait donc supposément versée aux préposés au charbon. Vous savez, le charbon, le truc qu'on brûle pour faire rouler les trains. Eh ouais.
C'est visiblement en protégeant ce genre d'acquis sociaux que l'on fait avancer les choses - sauf les trains, bien entendu. C'est donc en bloquant les travailleurs, et subséquemment les entreprises, pour refuser le changement, que l'on crée un "mouvement social". A mon sens, paralysie économique serait plus adapté, mais ce n'est qu'une vue d'esprit.
Acquis : Dont on a la propriété.
Revenons à présent je vous prie sur le terme "acquis social". Faire céder les institutions en prenant en otage la population, et ses employeurs, c'est un peu comme braquer une banque et demander un hélicoptère contre la vie des clients. Pourtant, si par miracle le braqueur s'en sort, il a rarement "acquis" son butin. Volé, dérobé, oui, mais pas acquis.
Là encore, sémantiquement parlant, quelque chose ne tourne pas rond. Ces avantages sociaux extorqués de force à l'Etat sont considérés comme un bien acquis. Manifestement mal acquis, sauf que celui-ci profite encore et toujours.
Terrorisme : Emploi systématique par un pouvoir ou par un gouvernement de mesures d'exception et/ou de la violence pour atteindre un but politique.
Le plus gros problème étant dans les dérives de ce système : quand les grèves n'impactent pas la population, les moyens de pression sont moindres. Il faut donc se satisfaire de ce qu'on a sous la main. Au lieu de prendre les usagers en otages, on prend donc son patron en otage. Pourquoi pas, après tout, la faim justifie les moyens à ce qu'on dit. Je n'ai pas de sympathie particulièrement particulière pour les patrons, mais je note cependant l'absurdité de la chose : ce droit de grève si chèrement défendu tourne, sémantiquement parlant, au terrorisme.
Ce comportement, typiquement français qui plus est, nous vaut dans une bonne partie de l'Europe la triste réputation de "gens qui font la grève", dixit une suédoise rencontrée il y'a quelques années. Réputation qui n'a pas du changer depuis si vous voulez mon avis.
Alors, comme le veut l'expression consacrée (d'un sacré con ?*), la France, tu l'aimes ou tu la quittes. Rien d'étonnant donc à ce que les gens qui veulent vraiment bosser le fassent loin de nos frontières. C'est moche d'avoir honte de son pays, vous trouvez pas ?
* Eh ouais, je cale des vannes de collège dans mon post, fastoche. Ca vous épate hein ?